[Développement Durable]
Définition

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Qu'est-ce que le développement durable ?
 

« Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants » Antoine de SAINT-EXUPERY

 

Le développement durable est précisément défini comme un mode de développement qui « répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs »

Le développement durable a été pleinement consacré en 1992 lors du sommet de la terre de Rio.173 pays ont signé un programme d'actions pour le XXIème siècle dénommé agenda 21, reconnaissant ainsi « l'indissociablité » du développement économique, du progrès social et de la protection de l'environnement. La ville est à la fois la cause de la problématique du développement durable (ce sont les villes qui concentrent 75% des gaz à effet de serre et consomment 75% de l'énergie) mais elle en est aussi la solution. En effet, concept mondial (né pour répondre aux déséquilibres planétaires), le développement durable ne peut se concrétiser qu'au niveau local, par un Agenda 21.

 

A l'échelle d'une ville, le concept du développement durable est de considérer la ville comme un territoire dynamique, mobile, ouvert et accessible à tous. Chacun doit pouvoir s'épanouir dans sa ville, s'y loger, y travailler, y circuler et bénéficier de tous les services. C'est ainsi que le développement durable doit structurer tous les pans de l'action municipale et qu'il est un enjeu majeur sur le court, moyen et long terme bien au-delà d'une mandature.

 

La ville durable dans l'absolu

 

Il s'agit de répondre à cinq finalités essentielles :

- la lutte contre le changement climatique et la protection de l'atmosphère

- préservation de la biodiversité, protection des milieux et des ressources

- la cohésion sociale et solidarité entre les territoires et les générations

- l'épanouissement de tous les êtres humains

- la dynamique de développement selon des modes de production et de consommation responsables

Ces finalités doivent être déclinées, adaptées et complétées en fonction des réalités locales.

 

La ville durable idéale pourrait ainsi être l'agrégation de 4 villes : l'écocité, la ville confortable, la ville solidaire et la ville ouverte , soit un concept adaptable et évolutif.

En effet, les objectifs et modes de vie de ces 4 villes peuvent être en contradiction mais des équilibres doivent être recherchés simultanément.
(Source : dossier d'expert - Ville durable, mode d'emploi. Magali Vergnet - Corvo. Editions de la lettre du cadre territorial)

 

 

> L'écocité : l'objectif vise à réduire les consommations de ressources naturelles et les atteintes au milieu.

 

- Economiser, préserver et diversifier les ressources :
  • éclairage, chauffage, ampoules basse consommation, solaire thermique et photovoltaïque, éolien, isolation thermique aussi bien dans le bâti existant qu'en construction avec toujours un objectif; la norme Haute Qualité Environnementale ou haute performance énergétique.
  •  réduire le trafic automobile par des politiques de restriction du stationnement et le développement des transports collectifs et cyclables, véhicules électriques...
  •  réduire l'usage municipal de l'eau pour la voirie, les fontaines, les parcs et jardins (recyclage de l'eau) et incitation des gestionnaires d'immeubles et d'entreprises à la surveillance des fuites, au comptage individuel et à l'utilisation de systèmes économes. Intégration de la nature en ville (friches urbaines, murs végétaux...)

- Maîtriser et recycler les déchets :

  • collecte et tri sélectif des déchets ménagers
  •  filières de recyclage, réduction des engrais chimiques et phytosanitaires pour l'entretien des jardins ainsi que des solvants, peintures et revêtements industriels polluants dans la construction, les commerces et les services de proximité
  •  recyclage des boues, rétention des eaux pluviales

- Eduquer :

  • la mise en oeuvre des points ci-dessus doit s'accompagner d'actions pédagogiques et de sensibilisation régulières

 

> La ville confortable : c'est une ville agréable à vivre, offrant un cadre de vie de qualité avec de moindres nuisances et risques locaux pour ses habitants.

 

- Réduction des nuisances et des risques pour un cadre de vie de qualité:
  • limitation des nuisances sonores par la réduction des émissions de bruits (trafic automobile, niveau sonore des engins de nettoyage et des bus) et par une augmentation des protections et absorptions de bruit reçu (écrans, isolation phonique du bâti et aussi dans les cantines scolaires...)
  •  limitation des nuisances électromagnétiques (lignes électriques, transformateurs, antennes de téléphonie mobile, wifi...) et des nuisances paysagères (panneaux publicitaires, mobilier urbain...).
  •  prévention des risques exceptionnels qu'ils soient naturels (inondations...) ou technologiques

- Les espaces verts sont un gage de qualité urbaine. Il est nécessaire d'améliorer le ratio d'espace vert par habitant (10 m² par habitant)

 

- Partage des espaces publics et des usages:

  • cohabitation piétons et autres usagers de la route
  •  utilisation harmonieuse de la voirie urbaine (terrasses, panneaux publicitaires, stands, aires de livraisons...)
  •  repenser l'espace urbain en fonction des personnes âgées, poussettes, personnes à mobilité réduite ou handicapées...

 

> La ville solidaire : la ville doit aussi aider et être solidaire de tous ceux qu'elle accueille et souhaite accueillir ainsi que des territoires voisins constitutifs d'un même bassin de vie.
 

- La mixité de la ville:

  •  il s'agit de la mixité sociale géographique (limitation de la fracture foncière et du cloisonnement entre quartiers, mixité scolaire, sécurité de l'habitat et des transports...)
  •  de la mixité emploi-logement (limiter les déplacements domicile/travail, domicile/commerces, faciliter l'accès au premier emploi, animation du tissu urbain...)

 - Une politique de l'emploi volontariste:

  • la ville (souvent premier employeur local) peut développer les services publics avec un recrutement de proximité,
  •  mener une politique de management municipal équitable et solidaire (égalité hommes/femmes, recrutement de personnes en situation de handicap, refus des discriminations...)
  •  former aux pratiques écologiques en interne.
  •  favoriser les métiers du développement durable via les subventions aux associations, la commande publique durable et les partenariats.

- La protection sociale et la lutte contre la précarité:

  •  l'encadrement des coûts liés au logement en partenariat avec les propriétaires privés,
  •  l'adaptation des services municipaux (élargissement des plages d'accueil des tout petits et des scolaires, réseaux d'animation des adolescents, îlotage de sécurité...),
  •  la mise en place de tarifs sociaux d'accès aux services (transports collectifs, cantines, soutien scolaire, accès internet...)
  •  l'aide aux personnes et la lutte contre l'exclusion (création de fonds spécifiques de solidarité, de services publics d'aide juridique et administratif...)

 

> La ville ouverte : elle est dynamique, mobile et accessible. Chacun doit pouvoir y vivre correctement (logement, circulation, bénéfice des services).

 

- Le droit à la ville : la ville est un territoire ouvert et accessible à tous:

  • réguler le foncier pour mettre en marché des programmes publics accessibles aux classes moyennes et démunies.
  •  la ville doit aussi être ouverte aux personnes sans domicile (centre d'accueil de longue durée, construction de logements relais...) et aux personnes handicapées ou à faible mobilité qui doivent pouvoir disposer de services dédiés (accompagnement pour les démarches administratives, transports à la demande...)

- Le dynamisme économique :

  • maintenir les activités existantes, accueillir et susciter les créations d'entreprises
  •  mettre en place des services d'accompagnement des demandeurs d'emploi et de formation et d'aide au recrutement (forums de l'emploi, missions locales...).
  •  la création de richesse économique et donc d'activités doit pour autant coexister avec l'habitat, la ville doit donc réserver au PLU des espaces et conditions compatibles avec le confort des riverains.

- La mobilité : c'est la facilité d'accès à la ville et la facilité de circulation interne qui se traduit par une double obligation:

  • la qualité de la desserte (recherche de rééquilibrage automobile/transports collectifs, modes de déplacements alternatifs: pistes cyclables, vélos en libre-service, traversées de chaussées sécurisées pour les piétons, stationnement adapté et circulation réglementée pour les deux-roues motorisés...)
  •  la qualité de service pour les transports collectifs (régularité, fréquence, confort, propreté, sécurité...) et les déplacements automobiles (plans de déplacements d'entreprise et de co-voiturage, renouvellement du parc...).